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SCÈNE II.

[Le parvis Notre-Dame. La façade de l'église. On entend un bruit de cloches.]
       QUASIMODO.
      Mon Dieu ! j'aime,
      Hors moi-même,
      Tout ici !
      L'air qui passe
      Et qui chasse
      Mon souci !
      L'hirondelle
      Si fidèle
      Aux vieux toits !
      Les chapelles
      Sous les ailes
      De la croix !
      Toute rose
      Qui fleurit ;
      Toute chose
      Qui sourit !
      Triste ébauche,
      Je suis gauche,
      Je suis laid.
      Point d'envie !
      C'est la vie
      Comme elle est !
      Joie ou peine,
      Nuit d'ébène
      Ou ciel bleu,
      Que m'importe ?
      Toute porte
      Mène à Dieu !
      Noble lame,
      Vil fourreau,
      Dans mon âme
      Je suis beau !
    Cloches grosses et frêles,
    Sonnez, sonnez toujours !
    Confondez vos voix grêles
    Et vos murmures sourds !
    Chantez dans les tourelles,
    Bourdonnez dans les tours !
      Ça, qu'on sonne !
      Qu'à grand bruit
      On bourdonne
      Jour et nuit !
    Nos fêtes seront splendides.
    Aidé par vous, j'en réponds.
    Sautez à bonds plus rapides
    Dans les airs que nous frappons !
    Voilà les bourgeois stupides
    Qui se hâtent sur les ponts !
      Ça, qu'on sonne,
      Qu'on bourdonne
      Jour et nuit !
      Toute fête
      Se complète
      Par le bruit !
   [Il se retourne vers la façade de l'église.]
J'ai vu dans la chapelle une tenture noire.
Hélas ! va-t-on traîner quelque misère ici ?
Dieu ! quel pressentiment !... Non, je n'y veux pas croire !
[Entrent Claude Frollo et Clopin, sans voir Quasimodo.]
C'est mon maître.-Observons.-Il est bien sombre aussi !
   [Il se cache dans un angle obscur du portail.]
    O ma maîtresse ! ô Notre-Dame !
    Prenez mes jours, sauvez son âme !